Pour
remplir correctement ses fonctions d'ouverture et de fermeture sous
diverses conditions de courant et tension, le disjoncteur doit
manœuvrer très rapidement. En effet, la durée
des manœuvres d'un disjoncteur à haute tension est de
l'ordre de quelques centièmes de seconde (i.e. 3 à 6
cycles). Les différents composants du mécanisme
d'opération sont alors soumis à des vitesses et
accélérations élevées. En fin de course,
des contraintes élevées sont aussi exercées sur
tous les composants car les contacts doivent s'arrêter
brusquement avec un minimum de rebondissement. Tout ce processus
génère alors des accélérations et
décélérations élevées qui mettent
à rude épreuve les différents composants du
mécanisme d'opération.
Comme
l'oreille humaine peut détecter un moteur qui ne tourne pas
rond ou l'oreille d'un chien peut détecter des bruits
insolites dans une plage de fréquence encore plus grande, la
méthode de diagnostics vibro-acoustiques se révèle
une méthode très efficace pour détecter des
anomalies mécaniques sur les disjoncteurs. Des
accéléromètres positionnés
judicieusement combinés à un système
d'acquisition capable d'échantillonner le signal à des
fréquences de plus de 150 kHz peuvent fournir de
l'information précieuse sur la condition mécanique du
mécanisme d'opération. Les vibrations générées
lors des manœuvres du disjoncteur se traduisent donc en un
signal d'accélération ayant un riche contenu
fréquentiel et d'amplitude variable selon les différents
événements mécaniques se produisant lors des
manœuvres. Par la suite, il suffit de comparer le signal
mesuré avec un signal de référence
correspondant à une signature normale prise lors de la mise en
service du disjoncteur ou sur un autre mécanisme du même
type, mais en bon état. Un logiciel dédié a été
développé pour faire cette analyse en déterminant
des écarts en amplitude (ΔA) et en temps (Δt)
qui sont comparés à des niveaux d'alarme.
La
figure 1 montre un exemple de signaux vibratoires mesurés sur
un mécanisme à ressorts défectueux. Dans cet
exemple, on peut clairement observer un événement
décalé par rapport au signal de référence
nous permettant de soupçonner une anomalie mécanique.
En effet, suite au démontage du mécanisme, on a observé
un engrenage sévèrement déformé.
L'expérimentation de la méthode à Hydro-Québec
a permis de détecter d'autres anomalies mécaniques sur
des disjoncteurs à haute tension:
- début
de dévissement ou d'arrachement d'une bielle de commande;
- bas
niveau d'huile dans l'amortisseur de fermeture d'un mécanisme
à ressorts;
- début
de dévissement d'un contact auxiliaire de fermeture.